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Le journal d'Erasme

Contre l’écologie, les députés veulent renforcer l’arsenal pénal - La dérive périlleuse de l’État face aux contestations environnementales, et autres, par Charles-Elie Guzman (up-magazine.info)

29 Janvier 2021, 16:59pm

Publié par ERASME

" À l’initiative de Barbara Pompili, ministre de l’Écologie, une mission d’information parlementaire a été menée sur « les entraves à l’exercice de certaines activités légales », notamment l’agriculture, le commerce de viande, l’abattage et la chasse. L’objectif des députés est clair : accentuer la répression pénale des lanceurs d’alerte et des actions de désobéissance civile qui dénoncent entre autres l’utilisation des pesticides, l’élevage industriel et la chasse. Le rapport parlementaire présidé par le député Les Républicains Xavier Breton, et les deux rapporteurs, Martine Leguille-Balloy et Alain Perea, tous deux affiliés à La République en marche, a été adopté ce mardi 26 janvier. Sa lecture donne la nausée et augure d’un renforcement de l’arsenal autoritaire de l’État contre l’écologie.

Hasard du calendrier ou cynisme politique absolu, alors que le gouvernement se gargarise de mots sur la protection de la biodiversité ou la préservation du bien-être animal, un rapport parlementaire allant à contre-sens est adopté ; il propose un arsenal de mesures destinées à accentuer la pression pénale contre tous ceux qui informeraient, dénonceraient, alerteraient ou voudraient s’opposer à des pratiques contraires à l’environnement et au respect de la nature. Les militants antiglyphosate ou antichasse n’ont désormais qu’à bien se tenir. Ceux qui filment dans les abattoirs pour dénoncer des pratiques scandaleuses risquent maintenant la prison. Le voisin d’un agriculteur épandant des pesticides risque désormais gros s’il fait part de son mécontentement. S’il vous venait à l’idée de filmer une chasse à courre pour sensibiliser au bien-être animal, vous risquerez 1 an de prison et 45.000 € d’amende.

Notre confrère Reporterre a analysé et publié ce rapport parlementaire adopté à la quasi-unanimité. Seuls trois parlementaires (Chantal Jourdan, Delphine Batho et Dominique Potier) ont voté contre la publication de ce document à charge, dont les recommandations visent à porter une nouvelle atteinte aux libertés fondamentales. "

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