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Le journal d'Erasme

Contre la vie appauvrie, par Matthieu Angotti et Delphine Prady (Revue Esprit)

9 Janvier 2018, 11:09am

Publié par ERASME

Les précaires – le jeune qui n’est pas « rangé », l’artiste dont on ignore le travail, le « travailleur pauvre », la mère isolée qui multiplie les ménages… – vivent dans un entre-deux, ni exclus, ni inclus, soumis aux aléas de l’époque. La précarité devient la marque de notre modernité, avec la systématisation des risques de désaffiliation sociale (rupture familiale, isolement, perte d’emploi, contrat court et temps partiel subis, désœuvrement et dévalorisation sociale, chute des revenus, exclusion du logement, etc.), leur plus grande diversité (risques environnementaux, numériques, etc.), leur fréquence accrue au fil d’une même trajectoire de vie et une plus grande magnitude des difficultés quand ces risques se matérialisent. Rompant avec un siècle de structuration du corps social autour de l’émancipation individuelle et de la création d’assurances collectives, la démocratisation de la précarité constitue une victoire conservatrice.

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