La véritable raison de la guerre aux pièces et aux billets, par Olivier Perrin (Le Vaillant Petit Economiste)

Publié le par ERASME

Limiter les paiements en espèce n’aura aucun effet sur le terrorisme.

En revanche, il en aura de très nombreux pour vous et toutes les personnes honnêtes qui utilisent encore l’argent liquide pour plus de la moitié de leur transactions au sein de la Zone Euro.

Une transaction sur 2 se fait en liquide au sein de la Zone Euro.

Comprenez bien que le plafonnement de ces transactions n’est qu’une bataille dans le projet européen d’abandon de l’argent liquide.

Les études d’impact d’un abandon total de l’argent liquide ont déjà été menées. Pour les technocrates de l’Union Européenne, la question n’est pas de savoir si c’est une bonne idée mais comment l’appliquer et à quelle échéance.

Et quand un virus comme celui du week-end dernier s’attaquera aux banques et aux systèmes de paiement, comment feront-nous ?

Pourtant, le processus est déjà largement entamé au Danemark et en Suède où vous trouvez maintenant dans les magasins de petits panneaux avec un billet barré : La maison ne prend pas l’argent liquide.

Bien sûr la suppression de l’argent liquide présente de nombreux avantages :

  • Contrôle et taxation automatiques de toutes les transactions ;
  • Économies sur les coûts de production des pièces et billets, de mise en circulation, de lutte contre les faux-monnayeurs;
  • Économies sur le prélèvement de l’impôt : celui-ci est automatisé et surtout prélevé à priori, sans que vous ayez à remplir une déclaration ou vous rendre compte de quoi que ce soit.

Ces raisons sont suffisantes pour vous opposer à cette mesure qui donne encore plus de pouvoir à un État pourtant en crise profonde.

Mais ce n’est rien à côté de la véritable raison de la guerre faite aux paiements en liquide.

Le préalable indispensable à l’impôt ultime

Cette fois, ils ont décidé de se servir directement dans votre compte en banque.

Et pour cela, il doivent s’assurer que vous n’avez aucun moyen d ‘échapper à l’impôt en retirant votre argent des banques.

  • Steen Jakobsen, économiste en chef de la banque d’investissement en ligne SaxoBank et membre du collectif d’économistes non-alignés « les Éconoclastes », estime qu’une taxe sur l’épargne de 10% est nécessaire pour renflouer le système.
  • Le Boston Consulting Group, prestigieux cabinet de conseil indépendant, est plus réaliste : la ponction devrait s’élever à 30% en prenant en compte toutes les dettes publiques et privées.
  • Le « Canard enchaîné de la finance » le site américain zeroedge.com traite le sujet de manière extensive depuis… 2011, date à laquelle il affirme que la seule solution réelle à la crise en Europe est la confiscation de l’épargne des particuliers.

Ce ne sont bien sûr QUE des analyses, des avis qui n’engagent que leurs auteurs.

Elles ont la particularité de provenir d’insiders de la finance et de sociétés peu connues du grand public mais reconnues des investisseurs professionnels. De ceux qui agissent tous les jours pour protéger et faire fructifier leur épargne.

Et il y a encore beaucoup plus inquiétant.

En octobre 2013, le Fonds Monétaire International a publié un long rapport sur le problème des dettes en Europe, analysant tous les scénarios envisageables et les écartant avant de finalement n’en retenir qu’un, le seul possible. Voici les dernières phrases du rapport :

La détérioration rapide des finances publiques dans de nombreux pays ravive l’intérêt d’un prélèvement sur capital — une taxe exceptionnelle sur la richesse privée — afin de restaurer un niveau d’endettement acceptable. […] Le taux de taxation pour ramener la dette publique à son niveau d’avant crise est d’ailleurs calculable : réduire la dette à son niveau de la fin 2007 exigerait, pour les 15 pays de la zone Euro, un taux d’environ 10% sur les ménages bénéficiant d’une richesse nette positive.

Ce que le FMI préconise, c’est une taxe unique de 10% dès le premier euro.

Mais bien sûr, la dette a encore augmenté depuis 2013 et c’est 15% qu’il faudrait prélever aujourd’hui pour revenir au niveau d’avant crise :

Si vous avez 1000€ sur un compte en banque, on vous en prélèverait 150€.

Pour 10 000€, le montant confisqué s’élèverait à 1500€.

Et comme il s’agit d’une « taxe », il n’y a pas de garantie de dépôt. Le FMI est d’ailleurs très clair, toute le monde est concerné. D’ailleurs, la fortune toute entière des 1% les plus riches n’y suffirait pas : Vous serez bien prélevé dès le premier euro.

Bien sûr, si vous effacez d’un coup des milliers d’euros de tous les comptes bancaires de particuliers de France, vous allez avoir un beau bazar.

Il vaudrait mieux taxer quelques euros tous les mois.

Mais si l’État commence à taxer l’argent sur vos comptes en banque… Vous et moi allons rapidement préférer retirer notre argent en liquide et le conserver chez nous où l’État ne peut pas le taxer…

Mais s’il n’y a plus d’argent liquide ?

Alors vous ne pouvez plus vous opposer à ce que l’État prélève régulièrement quelques euros sur votre compte.

L’État n’a plus besoin de faire son travail ou de rendre des comptes

C’est l’impôt ultime parce qu’à partir du moment où l’État peut imposer l’argent qui dort sur vos comptes alors il n’a plus à se soucier de votre consommation. Il n’a plus à vérifier que vous achetez bien tous les mois votre quotas de n’importe quoi sur lequel il prélève la TVA et une ribambelle d’impôts et taxes sur les sociétés qui vous auront vendu des machins.

Vous êtes automatiquement incités à le faire car si vous ne dépensez pas votre argent, l’État vous le prend.

Cet impôt sur l’argent de vos comptes bancaires permet à l’État de gagner en toute circonstance : peu importe qu’il n’y ait ni croissance, ni consommation, ni investissements.

Peu importe qu’ils fassent n’importe quoi.

Et aujourd’hui la Commission Européenne vous demande un blanc-seing pour rendre cet impôt possible !

La consultation de la Commission Européenne n’est ouverte que jusqu’au 31 mai.

Prenez quelques minutes tout de suite pour remplir leur questionnaire et leur dire que NON à l’encadrement des paiements en liquide.

Et faites suivre ce message à tous vos proches et PARTAGEZ-le sur Facebook : plus nous serons nombreux, plus nous pourrons peser sur la Commission.

Cliquez ici pour participer à la consultation de la Commission et dire NON à la fin des paiements en liquide.

Je vous remercie de votre engagement,

Olivier Perrin,

Le Vaillant petit économiste

 

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