Nanosciences et technologies convergentes: quelle économie politique ? par Françoise Roure (Intervention prononcée lors du colloque organisé sur le thème : Vers quelles nouvelles humanités ? Cité des Sciences et de l'Industrie - 23-25 mars 2017)

Publié le par ERASME

Introduction :

Pour les économistes depuis les années 1970, la science économique est considérée comme une branche des sciences humaines et sociales qui se divise en trois catégories : la microéconomie, la macroéconomie et la méso-économie. Les Professeurs Michel Marchesnay et Yves Morvan, dans leur Note intitulée « Micro, macro, méso » i , ont introduit entre la macro-économie et la micro-économie, ce qu’ils appellent une démarche méso-analytique, alternative aux deux précédentes, qui soit capable d’expliquer le comportement d’un système productif autour de logiques de filières, de chaînes de valeur restructurées dans la mondialisation pour lesquelles quelques acteurs globaux exercent, selon les secteurs industriels, un pouvoir de marché significatif. La biologie de synthèse ressort de la démarche méso-analytique, domaine émergent qui n’aurait pu se développer sans l’apport décisif des nanosciences et nanotechnologies, et dont le quart des brevets du domaine est détenu par cinq industriels : Ajinomoto, BASF, DuPont, DSM et Evonik.

Je voudrais vous proposer un cheminement d’économie politique autour des sciences et techniques de l’échelle nanométrique et des applications et produits qui en sont issus le long des chaînes de valeur. Ce cheminement recouvrira quatre étapes : la première traite brièvement de la question de la mesure économique des productions nanométriques, dans une dynamique de filière et de convergence multidisciplinaire, champ d’étude de la méso-économie ; la seconde fait référence aux origines de l’approche mercantiliste de l’économie et à ses conséquences sur l’économie politique des matériaux avancés, procédés et services du domaine des nanotechnologies et matériaux avancés manufacturés. La troisième étape recherchera les points d’appui sur lesquels l’économie politique fait porter ses efforts pour développer la production et les échanges induits par les nanosciences et techniques en s’appuyant sur deux exemples ; la quatrième et dernière étape fera état des barrières réelles au développement économique induit par les nanotechnologies, telles que les conflits d’intérêt entre acteurs autour de la question de la traçabilité les a progressivement révélées dans les dialogues entre parties prenantes.

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