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Le journal d'Erasme

La France face à ses choix et ses incohérences - Un point de vue dogmatique sans consistance ni crédibilité : un cas d'école !

9 Août 2016, 10:56am

Publié par Pierre de Taille

La Fondation pour la Recherche stratégique constitue l'un des principaux Think tanks français influençant considérablement la politique étrangère et la politique de défense de la France depuis l'avènement à la tête de l'Etat de personnalités politiques particulièrement sensibles aux charmes de la sirène transatlantique.

Ses chercheurs sont souvent réputés en raison de la portée et de la qualité de leurs travaux et leur notoriété internationale les place en situation de penser et de laisser accroîre à des personnes non averties qu'ils maîtrisent toutes les situations, qu'ils circonscrivent tous les dessous des cartes !

Leurs écrits et leurs déclarations sur les médias semblent avoir valeur de parole d'Evangile tant certains d'entre eux, forts d'une telle réputation et de la place singulière que les ministères régaliens leur accordent, se croient autorisés à dire "le la", à affirmer ce qui est la vérité officielle (sinon 'biblique'), parce que l'Etat leur a confié - bien imprudemment et sans analyses et propositions contradictoires véritables - la responsabilité d'esquisser, pour le compte de la Nation, les tenants et les aboutissants de la nouvelle doxa nationale en matière de relations internationales et de sécurité.

Pour exemple, cet article intitulé 'les interventions militaires, cause du terrorisme' (https://www.frstrategie.org/publications/notes/les-interventions-militaires-cause-de-terrorisme-2016-06), repris par certains médias et réseaux sociaux (cf. par exemple : http://jforum.fr/les-interventions-militaires-cause-de-terrorisme.html ) qui affirme dans son sous-titre : 'Il est erroné de voir dans les interventions militaires occidentales la cause principale du terrorisme djihadiste. Les liens de causalité entre interventions et terrorisme sont assez ténus, y compris en ce qui concerne la France."

Pourtant, les faits sont tétus ! Lorsque Saddam Hussein et le parti Baas étaient aux commandes de l'Irak et le Colonel Khadafi dirigeait d'une main de fer la Lybie et jouait un rôle dans le Sahel, aucun terroriste djihadiste n'existait dans ces pays ou, en tout état de cause ne pouvait y commettre des actes terroristes sous couvert de djihadisme islamique. Quant à l'Afghanistan, est-il utile de rappeler l'état de la situation 15 ans après les premières interventions militaires américaines dans ce pays ? 

Et les analystes professionnels bien informés sont suffisamment nombreux pour ne pas succomber la bouche bée devant des assertions aussi froides et dogmatiques assénées avec une arrogance qui frise d'autant plus l'insolence et le manque de respect à l'égard de la Nation que leurs auteurs ont vocation à servir loyalement, qu'elles n'ont aucune base de preuves objectivables susceptible d'en asseoir la validité apodictique.

Des experts bien plus compétents sur ce sujet que ne le sont les chercheurs de cette Fondation aujourd'hui (nous regrettons tous le départ du grand spécialistes des mondes musulmans qu'est Gérard Chaliandapportent tous les jours la preuve du contraire de ce qu'avance l'auteur de cet article.

Il est vraiment déraisonnable de chercher à laisser accroîre que l'on peut-être à la fois juge et partie, ou encore pyromane et pompier, surtout quand il s'agit de questions stratégiques, de sécurité et de politique étrangère !

Et tout est mis en oeuvre pour qu'aucune autre vision n'émerge de manière contradictoire ... 

Pour preuve une fois encore ce prétendu guide d'une géopolitique de comptoir proposé par Bruno Tertrais, chercheur à la FRS, connu pour ses positions néoconservatrices très en pointe dans les milieux intellectuels français, et dont le quotidien Libération fait la promotion sur son site (cf. http://www.liberation.fr/debats/2016/08/16/le-guide-d-une-geopolitique-de-comptoir_1472810)

Malheureusement, et on le constate trop souvent, Alexis de Tocqueville avait raison lorsqu'il affirma : "Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie, mais complexe." (De la démocratie en Amérique)

Il va falloir rapidement remettre de l'ordre dans le fonctionnement de l'Etat dans les affaires stratégiques

 

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