C'est plus que jamais aux génies culturels, scientifiques et techniques que doivent être confiées les clés des réflexions prospective et stratégique !

Publié le par Patrice Cardot

"L'humanité serait depuis longtemps heureuse, si tout le génie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils l'employaient à ne pas les commettre" (Georges Bernard Shaw)

"Les hommes ne sont pas prisonniers de leur destin. Ils sont prisonniers de leur propre esprit." (Franklin D. Roosevelt)

Par le caractère déstabilisateur, crisogène, voire polémogène, des tensions, des incertitudes et des défis qu'emportent les grands mouvements planétaires, l'époque est propice à la multiplication d'exercices de 'réflexion prospective' à différents horizons temporels (2020, 2025, 2030, 2050) et à différentes échelles (nationales, régionales et même mondiale) dont les finalités sont multiples : sectorielles, institutionnelles, politiques, stratégiques, macro-économiques, structurelles, .... autant qu'à celle d'exercices de 'planification stratégique'.

Bien que la 'réflexion prospective' et la 'planification stratégique' constituent deux démarches fondamentalement distinctes dans leurs ressorts et dans leurs déterminants, toutes deux sont étroitement corrélées lorsqu'elles sont mises au service de la préparation du futur. En particulier lorsqu´il s´agit de préparer l´avenir d´une nation, d´un Etat, d´une Union ou d´une alliance.

Parce que le XXIème siècle est le siècle où la culture, la science et la technologie dictent plus que jamais leurs promesses et leurs limites aux activités humaines, c'est plus que jamais aux génies culturel, scientifique et technique qu'il doit être confié les clés de la réflexion prospective et de la réflexion stratégique !

S'il y a des registres qui illustrent parfaitement ce constat, ce sont bien ceux de la cybernétique, de la systémique, de l'informatique et de la communication où la très grande variété des formes de génies culturels, linguistiques, techniques et scientifiques esquisse non seulement les méta-espaces de l'imaginaire et de la créativité, mais également des territoires de confrontations, de compétitions et de coopérations entre des individus, des peuples, des sociétés, des nations, des pays qui respirent, qui rêvent, qui créent, qui se projettent dans l'avenir en prenant appui sur leurs propres identités et cultures culturelles, linguistiques, techniques et scientifiques.

Penser la stratégie et la prospective modernes exige d'éduquer, de former, de penser et d'agir de manière à la fois globale et systémique sur la totalité du registre de la recherche stratégique moderne, en cherchant à repousser toujours davantage les frontières de la connaissance humaine et plus spécifiquement celles qui interviennent dans les sciences et technologies cognitives (Connaissez-vous les sciences cognitives ?). En prenant pleinement acte que la recherche de la supériorité cognitive centrée sur le contrôle des infrastructures et des esprits (cf. le concept anglo-saxon d’'information dominance') se heurte à la dimension irrationnelle de l’être humain et à sa pensée complexe (La pensée complexe).    

Seuls les peuples doués d'un génie propice à la fois à l'abstraction, à la conceptualisation, à la réflexion inductive et abductive, à l'assimilation/mitigation des autres formes de pensées, à l'agilité cognitive seront encore en capacité demain de prévoir l'avenir, d'en capter et d'en faire fructifier les potentialités autant que d'en dompter les aléas et de résister aux surprises stratégiques qu'il ne manquera pas de leur réserver !

Parmi ces peuples figurent au premier rang ceux dont les langues véhiculent ces formes si particulières du génie humain qui les placent à la pointe des enjeux pour l'avenir : les langues asiatiques articulées sur des idéogrammes et les langues sémitiques, dans toute leur diversité.

Ce n'est pas par un conservatisme intellectuel et doctrinal de leurs élites que les Etats et les autres formes de médiation historique qui ne manqueront pas de s'y substituer parviendront à assurer la prospérité et la sécurité des peuples, mais bien par une ouverture de leurs laboratoires, de leurs universités et de leurs centres d'excellence aux génies potentiellement les plus féconds. 

Aucune vision, aucune idéologie, aucune doctrine, aucune stratégie ne peut avoir d'effectivité et d'efficacité si elle n'est l'oeuvre collective de femmes et d'hommes doués des talents et des appétits nécessaires pour découvrir, inventer, innover, concevoir, codifier, systématiser, organiser, partager, diffuser, technologiser, industrialiser et administrer les connaissances, les technologies, les agents intelligents, les savoirs, les savoir faire, les réseaux, les flux, les transactions qui interviennent dans les raisonnements, les concepts, les doctrines, les systèmes, les réseaux, les équipements techniques, etc. au travers desquels se déploie toute stratégie.

En ne sacrifiant évidemment pas les principes d'humanité (cf. Le principe d'humanité) et de précaution au seul principe d'innovation !

"Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé "

Voir également : 

http://meta-media.fr/2016/01/04/et-si-nos-elites-etaient-incapables-de-nous-preparer-au-monde-qui-vient.html

http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2016/01/pour-une-reflexion-ethique-anthropologique-philosophique-et-strategique-sur-les-valeurs-qu-emporte-le-transhumanisme.html

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