Le regard de Patrick Arthus sur les mythes et la réalité de la finance

Publié le par ERASME

Eminent spécialiste en économie internationale et en politique monétaire, Patrick Artus, chef économiste de Natixis, professeur à la Sorbonne et membre du Conseil d'analyse économique près le Premier ministre, ne cesse de donner des clefs pour que chacun puisse comprendre les enjeux actuels, situer les acteurs, intégrer les mécanismes.  

Vendredi 23 novembre 2013, à Gif sur Yvette (Essonne), il a prononcé une conférence exceptionnelle au titre évocateur : 'La finance : mythes et réalité' ; conférence au cours de laquelle il répondra aux questions suivantes : Qu'est-ce que la finance ? Quel est son rôle ? Comment fonctionne-t-elle ? Pourquoi a-t-on besoin d'intermédiaires financiers ? Quelle est la nature de l'épargne ? Quels sont les liens entre l'épargne et la finance ?  

En préalable à cette conférence, Patrick Artus a répondu aux deux questions suivantes :  

1 - La finance est un univers qui peut paraître complexe ! Comment la rendre accessible au plus grand nombre ?

Il faut comprendre que la finance est fondamentalement une activité simple. Il s'agit de transformer l'épargne de manière à ce qu'elle puisse financer les projets d'investissement. Le problème essentiel est que l'épargne est essentiellement une épargne de court terme investie dans des actifs liquides comme les dépôts bancaires, et que les investissements nécessitent des financements de long terme. Ceci impose à la finance de prendre un risque qui est un risque de liquidité. Tout le problème de réglementation de la finance vient donc de ce qu'il y a nécessairement prise de risque mais qu'il faut que cette prise de risque reste raisonnable.  

2 - Face aux discours alarmistes actuels, comment rassurer les ménages ?

Il faut d'abord voir que dans la zone euro, les dérèglements de la finance ont été bien moindres qu'aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. On confond parfois la situation des banques anglo-saxones avec celles des banques de la zone euro. Par ailleurs la prise de risque par les institutions financières a été considérablement réduite depuis 2009. Les systèmes de risque ont clairement été améliorés. Les défaillances bancaires qui se produisent encore aujourd'hui (Dexia, Banques espagnoles) résultent en réalité de la crise précédente de 2008 - 2009. Il est donc tout à fait inutile que les ménages français s'inquiètent de la situation de leur banque. Le risque est presque aujourd'hui l'inverse de celui d'avant la crise : que les réglementations nouvelles soient si prudentes qu'elles conduisent à une restriction de la distribution de crédit.  

Voir également sue ce sujet :

 * Un seul graphique suffit pour visualiser le changement d’économie, par Christian Piré

 * Le Conseil de stabilité financière recense 29 banques systémiques (La Tribune)

 * Accord des régulateurs mondiaux en faveur d'une surcharge de capital des banques présentant un risque systémique

 * La finance continue de danser sur un volcan, par Marc Roche (Le Monde)

 * Six questions clés sur le traité budgétaire européen, par Claire Guélaud, Philippe Ricard et Patrick Roger (Le Monde)

 * Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie ! - nouvelle édition -

 * Les règles de gestion responsable des finances publiques (Conseil des ministres du 23 mai 2012)

 *  'Les paradis fiscaux : entre évasion fiscale, contournement des règles et inégalités mondiales' (L'Economie politique - n°42 - Avril 2009)

 * De l'économie de l'insécurité !

 * Retour sur la crise grecque !

 * Retour sur le plan conditionnel de rachat de dette publique par la BCE

 * Accordons la licence bancaire au FESF et au MES pour redonner à la puissance publique la souveraineté qu'elle a perdue !

 * 'La réforme du système monétaire international : une approche coopérative pour le vingt-et-unième siècle' (Initiative du Palais-Royal) - première partie -

 * 'La réforme du système monétaire international : une approche coopérative pour le vingt-et-unième siècle' (Initiative du Palais-Royal) - seconde partie -

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