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Le journal d'Erasme

Retour sur images : Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons !

15 Novembre 2016, 12:23pm

Publié par Patrice Cardot

Le conflit qui oppose Palestiniens (bien au-delà de la seule Autorité palestinienne) et Israéliens (bien au-delà du seul Etat d'Israël) n'est pas un conflit comme les autres !

Tout le monde en convient !

Ne serait-ce que parce que la création de l'Etat d'Israël est le résultat d'un processus aussi légal en regard du Droit international défini par le système des Nations Unis que légitime en regard de l'Histoire, et parce que le sort des populations palestiniennes semble désintéresser, malgré quelques gesticulations éparses et des résolutions rarement suivies d'effets, les dirigeants des grandes puissances membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies.....

Pour en savoir plus à son propos, le lecteur peut consulter sur ce blog le dossier que l'ONU a consacré à la Palestine (http://www.un.org/french/Depts/palestine/history.shtml) 

En 2002, le Conseil de sécurité a adopté un certain nombre de résolutions dans lesquelles il se déclarait profondément préoccupé par l’aggravation de la situation et exigeait la cessation immédiate de tous les actes de violence et de tous les actes de terreur et le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes et demandait que le droit international humanitaire soit respecté.

Dans une résolution historique adoptée en mars 2002, le Conseil de sécurité s’est déclaré attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières reconnues et sûres.

La 'Feuille de route' conçue pour concrétiser cette vision (http://www.un.org/french/Depts/palestine/quatuor.shtml), qui a été élaborée par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Fédération de Russie et ONU), prévoyait que les Israéliens et les Palestiniens agiraient parallèlement de façon à aboutir à un règlement définitif et global à la fin de 2005. Les deux parties ont pris le ferme engagement d’appliquer la Feuille de route au sommet d’Aqaba en juin 2003. Le Conseil de sécurité a approuvé la Feuille de route en novembre 2003.

Malgré quelques signes de progrès, le cycle de la violence, des représailles et de la revanche s’est poursuivi et le processus de paix s’est enlisé. 

Pourtant, l'histoire récente offre une illustration éloquente à maints égards de ce que la Communauté internationale parvient à produire pour mettre un terme à un conflit ayant des ressorts à la fois politiques, ethniques et religieux : accorder un statut d'Etat indépendant à l'un de ses protagonistes, placer ce nouvel Etat en construction sous la protection et la 'perfusion' financière et économique de la Communauté internationale et offrir à l'ensemble des protagonistes une perspective commune d'intégration à des structures supranationales, étayer cette perspective par le déclenchement immédiat d'un processus de stabilisation et d'association (cf. notamment à cet égard les termes de la résolution 1244 : http://www.un.org/french/docs/sc/1999/99s1244.htm ; les termes du rapport Ahtismaari sur le statut futur du Kosovo :  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/rapport_Ahtismaari.pdf ) .

La solution retenue par l'ONU et entérinée par le Conseil européen à l'égard du Kosovo constitue-t-elle pour autant une formule de référence pertinente pour la création d'un Etat Palestinien souverain, viable et sûr, et  qui offre en même temps l'ensemble des garanties régionales et internationales attendues ?

La réponse à cette question fondamentale est NON !

Cinq Etats-membres de l'Union européenne sur 27 n'ont à ce jour toujours pas reconnu la République du Kosovo, pourtant admise au FMI, alors que tous ont finalement accepter d'accorder à la Serbie le bénéfice d'un accord d'association et de stabilisation avec l'Union européenne. Et pourtant, les choses progressent !

Cette situation semble comparable, dans une certaine mesure, avec celle que l'on rencontre au Proche-Orient.

La mise en oeuvre effective des plans d'action associés aux accords bilatéraux UE - Pays X établis avec cette partie du voisinage de l'Union européenne dans le cadre de sa politique de voisinage, y inclus leur dimension sécuritaire (cf. La propagation de la sécurité : l’Europe et la schengenisation de la Politique de voisinage, par Ruben Zaïoti (Revue Cultures & Conflits)), le lancement du processus instaurant une Union pour la Méditerranée simultanément à celui du processus visant à établir un "upgrading" des relations de l'Etat d'Israël avec l'Union européenne ("tout sauf les institutions") engagé avant les évènements dramatiques de décembre 2008 - janvier 2009, le support multiforme de l'UE à l'autorité palestinienne, etc., participaient indubitablement de cette même volonté partagée que celle qui se manifesta au sein du Conseil européen à l'égard du Kosovo (cf. la Déclaration sur le Kosovo adoptée par le Conseil européen du 18 juin 2005 : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/kosovo_650/colonne-droite_2743/textes-reference_2741/declaration-sur-kosovo-adoptee-par-conseil-europeen-du-18-juin-2005_14288.html ).

Mais le Proche-Orient est une région complexe où se déploient des jeux d'acteurs d'acteurs 'ambivalents' comme le souligne dramatiquement encore aujourd'hui la situation en Irak, en Syrie et (ne l'oublions pas) au Liban ! Les double ou triple jeux y sont hélas 'monnaie courante' !

Les Pays qui le constituent n'ont pas - spontanément - vocation à intégrer les " structures euroatlantiques " !

Les mobiles qui ont présidé à la création de l'Etat d'Israël n'ont rien en commun avec ceux qui ont conduit à la création de nouveaux Etats après l'éclatement de l'ancienne Fédération de Yougoslavie.

Comme l'ont constaté - publiquement - nombre des intervenants à une table ronde organisée par la Commission européenne sur les leçons tirées à propos du conflit du proche-orient dans le cadre de sa conférence des 2 et 3 juin 2009 intitulée : "Making the difference - strengthening capacities to respond to crisis and security threats ",  " aucune leçon n'a été véritablement tirée par quiconque ni des échecs et des ouvertures obtenues lors des processus antérieurs, ni des impacts in situ des initiatives unilatérales qui ont été prises par l'une ou l'autre des parties " ; et pis encore, " le respect des principes, des valeurs et des règles de l''Etat de droit ne constitue désormais plus ni pour Israël ni pour les forces politiques en présence dans les territoires palestiniens l'alpha et l'oméga de leur propre action politique ! ".

Commençons d'abord par tirer les vraies leçons en regardant la réalité en face !

La recherche d'un règlement pacifique au Moyen-Orient se heurte à un certain nombre de questions qui restent en suspens :

Qui a vraiment cherché jusqu'ici à amener les dirigeants de l'Etat d'Israël à s'acquitter des obligations établies par l'ONU, que celles-ci prennent ou non la forme de résolutions ?

En même temps, la position souvent jugée radicale de l'Etat d'Israël ne saurait être assimilée à une simple posture ! Son opposition quasi systématique à la mise en oeuvre des résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en atteste de la manière la plus démonstrative qui puisse être ! Elle procède d'une réflexion stratégique et sécuritaire sans équivalent à l'égard de la viabilité et de la sécurité des Etats en jeu dans ce ce dossier, à commencer naturellement par l'Etat d'Israël !

Le refus de la solution des deux Etats trouve sa justification dans la réalité géographique sur le terrain : il suffit de regarder la carte de la région pour mieux en saisir la portée réelle ! 

"La solution de paix à deux Etats est et restera une vue totale de l’esprit, un danger pour Israël, et une source de conflit majeure. La paix ne peut que résulter d’une victoire totale d’un des deux protagonistes. Or les nations se sont toujours liguées contre Israël pour lui interdire malgré les victoires brillantes sur le terrain de tirer profit de ces situations. Elles ont toujours voulu pour des raisons géopolitiques éviter l’humiliation des dictatures arabes. Étrange situation où les amis d’Israël passaient leur temps à vouloir lui ligoter les mains empêchant ainsi l’émergence d’une solution à ce conflit. Pourtant, elles-mêmes quand elles étaient confrontées à des situations similaires, elles ont soit tiré bénéfice de leur victoire, soit payé le prix fort de leurs défaites. Ce fut le cas pour les deux guerres mondiales, le Vietnam et autres conflits. Les paix imposées et les frontières dessinées par des « super puissances » masquent des situations conflictuelles qui se réveillent quelques années plus dans des bains de sang. C’est le cas en Irak, en Syrie mais aussi en Afrique, après que le même type de conflit eut déchiré l’Europe des Balkans. La paix, de plus, ne peut que résulter d’une volonté de mettre fin au conflit, par l’admission d’une coexistence avec son ennemi. Cette volonté n’existe pas chez les Arabes à l’égard d’Israël ... "  (cf. http://jforum.fr/2014/06/Le-sondage-qu-Obama-et-l-EU-devraient-lire-avec-attention/)

La solution de paix à deux états est et restera une vue totale de l’esprit, un danger pour Israël, et une source de conflit majeure.La paix ne peut que résulter d’une victoire totale d’un des deux protagonistes. Or les nations se sont toujours liguées contre Israël pour lui interdire malgré les victoires brillantes sur le terrain de tirer profit de ces situations. Elles ont toujours voulu pour des raisons géopolitiques éviter l’humiliation des dictatures arabes. Étrange situation où les amis d’Israël passaient leur temps à vouloir lui ligoter les mains empêchant ainsi l’émergence d’une solution à ce conflit. Pourtant, elles-mêmes quand elles étaient confrontées à des situations similaires, elles ont soit tiré bénéfice de leur victoire, soit payé le prix fort de leurs défaites. Ce fut le cas pour les deux guerres mondiales, le Vietnam et autres conflits. Les paix imposées et les frontières dessinées par des « super puissances » masquent des situations conflictuelles qui se réveillent quelques années plus dans des bains de sang. C’est le cas en Irak, en Syrie mais aussi en Afrique, après que le même type de conflit eut déchiré l’Europe des Balkans.

La paix, de plus, ne peut que résulter d’une volonté de mettre fin au conflit, par l’admission d’une coexistence avec son ennemi.

Cette volonté n’existe pas chez les Arabes à l’égard d’Israël.


En savoir plus sur http://jforum.fr/2014/06/Le-sondage-qu-Obama-et-l-EU-devraient-lire-avec-attention/#GoCi16U0Tk6Rcl9r.99

Comment les parties aux différentes négociations en cours - et en panne - peuvent-elles prétendre qu'il est possible de garantir à la fois la viabilité et la sécurité de ces deux Etats sans procéder à une profonde modification des frontières actuelles de la Région toute entière, ce qui exige de dépasser les propositions émises à propos des échanges de territoires ?

Comment les dispositions relatives aux échanges de territoires entre Israël et les territoires palestiniens actuels pourraient-elles concourir à déterminer l'assise territoriale d'un Etat palestinien à la fois viable et sûr : c'est à dire un Etat qui dispose de frontières reconnues, en même temps que d'une pleine capacité à les protéger, à assurer le contrôle et la gestion du trafic aérien au-dessus de son territoire, à assurer sa sécurité extérieure autant que sa sécurité intérieure, en toute souveraineté, et à développer une économie domestique à la mesure des besoins de ses populations autant que des exigences des relations commerciales qu'il doit avoir la possibilité d'établir sans mettre en péril la recherche légitime d'équilibre de ses différentes balances (balance des paiements, etc.) ?

Alors qu'au cours des 9 mois qu’ont duré les négociations israélo-palestiniennes qui ont finalement abouti à un échec en 2014, 62% des appels d’offres qu’Israël a annoncé publiquement ont été réservés pour faire partie des 1, 9% de la totalité du territoire de Cisjordanie/Judée-Samarie que Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité Palestinienne avait préalablement consenti comme devant demeurer sous juridiction israélienne (cf. http://jforum.fr/2015/05/negociations-abbas-a-accepte-la-plupart-des-constructions-prevues/) comment la majorité des Etats de l'Union européenne et ses propres institutions peuvent-ils s'arc-bouter sur une position agressive à l'égard des initiatives israéliennes d'établissement de nouvelles colonies dans les territoires occupés qui feront indubitablement partie intégrantes demain de l'Etat d'Israël lorsque la Communauté internationale réatterrira dans le monde réel ... ? (cf. notamment Some hard questions about the Western European double standard against Israel ou encore http://jforum.fr/2015/05/le-pacte-du-peuple-juif-avec-leurope-est-rompu/)

Comment peuvent-ils affirmer qu'ils s'emploient à rechercher les conditions les plus favorables pour garantir à Israël sa propre sécurité et sa viabilité à terme sans chercher à comprendre les raisons qui ont poussé cet Etat à poursuivre sa politique de colonisation et à prendre des mesures unilatéralement (cf. à cet égard Observer la Cisjordanie offre l’occasion de découvrir un extraordinaire laboratoire géographique ) ?

Comment le président français François Hollande peut-il s'être "laissé aller" à exiger un arrêt total et immédiat du processus de colonisation en Cisjordanie (cf. A Ramallah, Hollande demande "l'arrêt total et définitif de la colonisation" israélienne (Francetvinfo)) alors qu'il sait parfaitement qu'il est évidemment impensable que l'Etat d'Israêl puisse un jour renoncer à contrôler ce territoire qui fait partie intégrante de sa zone de sécurité vitale ? (cf. Israël et la notion de « frontières défendables »)

La Cisjordanie doit être et sera partie à l'Etat d'Israël à l'issue du conflit ! 

Sauf à considérer que le double langage en la matière passerait bien aux yeux des dirigeants israéliens après les garanties apportées par la France - et maintenant les Etats-Unis - dans le dossier nucléaire iranien  (cf. Nucléaire iranien : un parfum de revanche pour la diplomatie française, par Michel Colomès (LePoint.fr) ; Iran/Non prolifération : la position de la France aux Nations Unies et les textes internationaux de référence ou encore Accord "historique" sur le nucléaire iranien (Le Monde, AFP et Reuters) )!

Ayons le courage et la force de n'avoir ni la vue basse, ni la mémoire courte ! Souvenons-nous comment nous en sommes arrivés là (cf. http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2015/05/retour-sur-les-evenements-qui-ont-conduit-a-la-creation-de-l-etat-d-israel.html ainsi que  http://www.france-palestine.org/Les-23-dates-clefs-du-conflit) et employons nous à remédier 'rasionnablement' aux erreurs commises.

Est-il déraisonnable de requérir que soient réexaminées, avec le recul et l'objectivité nécessaires, les buts et objectifs, les insatisfactions de l'ensemble des protagonistes de ces conflits, de ces médiations et de ces décisions qui ont conduit le Proche Orient dans cette situation inextricable, en même temps que leurs  responsabilités respectives dans la formulation des ouvertures qui ont permis de sortir de chacun de ces conflits ? Ne serait-ce que pour que les propositions qui seront mises sur la table du processus de règlement de ce conflit ne créent pas un terrain propice à la reproduction des mêmes effets au cours du XXIème siècle !

.... voir la suite de cet article : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2016/11/retour-sur-images-pour-depasser-la-situation-actuelle-au-proche-orient-il-faut-d-abord-cesser-les-hypocrisies-et-de-soutenir-les-fau

NB : La première publication de cet article est intervenue le 6 juin 2010.

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