Retour sur images : Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - Première partie -

Publié le par Patrice Cardot

De nombreuses autres personnalités se sont exprimées sur ce sujet au cours des dernières années.

Le blog Regards-citoyens.com en a fréquemment rendu compte tout en suggérant ses propres réponses !

La situation particulièrement anxiogène qui résulte de la simultanéité et de la combinaison de plusieurs facteurs hautement critiques pour la stabilité, la sécurité et la prospérité internationales m'incline personnellement à suggérer une sorte de première synthèse de ces analyses de qualité qui offrent toutes une lecture lucide de ce qui se passe aujourd'hui dans le monde occidental, en même temps qu'elles esquissent des voies pour l'action politique qui sont toutes frappées, peu ou prou, au coin de la sagesse !  

Les difficultés politiques qu'ont rencontrées démocrates et républicains pour conclure un accord stratégique à l'égard du relèvement du plafond de la dette souverainte américaine, et plus fondamentalement encore, à l'égard d'une réduction systématique de cette dette colossale, celles rencontrées par les dirigeants européens pour proposer un plan d'action européen en réponse à la situation particulièrement préoccupante de la dégradation des dettes souveraines en Europe, ou encore celles rencontrées par les protagonistes des printemps arabes à asseoir et/ou à parachever les modalités opératoires des processus de démocratisation initiés depuis le début de l'année 2011, rendent compte d'un contexte marqué par l'impuissance du politique face à des enjeux politiques par essence, laquelle traduit une certaine faillite des idéologies dominantes en même temps que l'incapacité des Etats et des technostructures étatiques à produire, en s'appuyant sur les dogmes idéologiques en vigueur, des réponses pertinentes, c'est à dire tout à la fois robustes, efficaces et pleinement opératoires, aux différentes natures de défis qui mettent en péril la cohésion, la stabilité et la prospérité des sociétés.

A cet égard, l'article de Frédéric Ménager intitulé La social-démocratie, naufragée de la dette ? Réhabiliter d'urgence la solidarité budgétaire ! par Frédéric Ménager (Le Monde) comme celui de James K. Galbraith intituléL'Europe est condamnée si elle ne se réforme pas, par James K. Galbraith (Deutsche Welle - Mediapart) me paraissent des plus éloquents !

Comme le déplore très justement Michel Rocard, aujourd'hui, tout le monde navigue à vue (cf. Michel Rocard : "Aujourd'hui, tout le monde navigue à vue" - Propos recueillis par Françoise Fressoz et Olivier Schmitt (Le Monde.fr) ).

On pourrait ajouter que tout le monde navigue sans repère et sans cap, tellement les élites au pouvoir sont dépourvues d'expériences de la confrontation des idées à l'épreuve des faits autant qu'à celles des mémoires !

Leur faillite provient en grande partie de leur distanciation dogmatique par rapport à tout ce qui peut relever de l'expérience culturelle !
Comme l'a dit et écrit si précisément la philosophe Marie-José Mondzain, lorsque nous parlons de culture, il ne s'agit pas seulement de la question du soutien public de l'un des éléments primordiaux de notre vie en société, il ne s'agit pas uniquement de l'un des aspects, fût-il essentiel, de notre vie politique. Il s'agit de la condition-même de toute possibilité de vie politique. Pas de vie politique digne de ce nom sans confrontation et circulation d'idées, et par conséquent sans possibilité de construire ces idées dans un échange permanent, pas de vie politique digne de ce nom sans mémoire historique, sans réflexion sur notre destin commun, pas de vie politique digne de ce nom sans le précieux exercice de polémiques intellectuelles fondées sur un savoir et une pensée qui se construit dans un aller-retour incessant entre l'individu et le groupe. Pas de vie politique digne de ce nom sans intelligence collective, sans débats et donc sans culture.
Et c'est évidemment pour cela que les tenants de l'ultralibéralisme, en s'efforçant de détruire, à l'échelle mondiale, toute possibilité de culture, en en brisant un à un les outils, de l'Éducation à la Recherche en passant par le soutien aux pratiques artistiques, ont bel et bien pour objectif de rendre impossible toute vie politique digne de ce nom pour, à terme, réduire à néant toute capacité de construction d'êtres pensant, rêvant, imaginant, édifiant l'avenir en n'oubliant pas le passé, faisant des choix et tentant de les éclairer, apprenant de l'autre, remettant en question leurs savoirs, pratiquant l'échange et le doute dans l'inappréciable agora que ne doit jamais cesser d'être une société humaine. [NDLR : passage emprunté à L'art, la culture et la gauche, par Nicolas Roméas (Mediapart) ].

Comment le monde parviendra-t-il à ne pas réitérer sans cesse les erreurs et les fautes du passé sans qu'une pensée et une action politique renouvelées émergent au niveau international ?

Comme je le souligne dans un autre article intitulé : A la recherche d'une pensée et d'une action politiques à la hauteur des défis globaux ! (Nouvelle édition) , les instances 'paritaires' d'envergure mondiale telles que la Commission Trilatérale (http://www.trilateral.org/), le Forum économique mondial de Davos(http://www.weforum.org/en/index.htm), le Forum social mondial de Porto-Allègre, le Groupe de Bilderberg (cf. à leur égard l'article intitulé Controlling the Global Economy: Bilderberg, the Trilateral Commission and the Federal Reserve / Global Power and Global Government : Part 3, by Andrew Gavin Marshall ) ou encore les différents fora qui se sont constitués autour des différents objectifs du cycle de Doha, sont convoqués par l'Histoire plus encore qu'ils ne l'ont jamais été, pour dégager, dans leur sagesse, les analyses qui permettront d'esquisser les voies nouvelles dont pourront débattre ensuite au sein des instances formelles de régulation multilatérale les autorités compétentes démocratiquement élues.

Contrairement à ce que pensent les opposants les plus farouches à tout projet de gouvernance mondiale (cf. par exemple à cet égard le philosophe politique allemand Jürgen Habermas : "Le joli mot de "gouvernance" n'est qu'un euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique" par Jürgen Habermas (Le Monde)dont les inquiétudes méritent néanmoins qu'on s'y attarde !), ce n'est ni comploter ni conspirer que de recourir à des fora d'échanges internationaux afin de rechercher les voies que l'ensemble des dirigeants politiques, économiques et financiers de la planète Terre doivent emprunter pour gouverner avec sagesse 7 milliards d'individus.
Vouloir agir de manière collective au service d'une vision partagée de l'avenir du monde n'est-il pas le seul remède aux souffrances que connaissent les peuples et les individus les plus fragiles en même temps que la seule voie de salut pour les idéaux universels que font vaciller tant de chocs et de tensions dont les effets annonciateurs n'ont pas mobilisé l'intelligence coillective autant que la situation internationale l'exigeait !
Un tel constat ne doit en rien occulter la nécessité de revisiter les fondamentaux idéologiques qui ont jusqu'ici animé ces différents cercles (cf. à cet égard certains discours du Président Sarkozy, notamment les suivants : Discours de Nicolas Sarkozy lors de la Conférence internationale de présentation des conclusions du rapport de la Commission de mesure de la performance économique et du progrès social  ainsi que Discours du Président N. Sarkozy lors de la 98ème session de la Conférence Internationale du Travail (Genève, 15 Juin 2009) ) !
Il y va de la paix, de la prospérité, de la sécurité internationale et de la stabilité stratégique.

.... Voir la seconde partie de cet article : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2016/12/retour-sur-images-seconde-partie.html

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