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Le journal d'Erasme

Retour sur images : Euroscepticisme : plus qu'un phénomène britannique (Euractiv.fr - février 2013)

26 Mai 2014, 10:32am

Publié par ERASME

Alors que le premier ministre David Cameron a promis de tenir un référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE, le penchant britannique pour le dénigrement de l'UE est bien affiché. Certains partis politiques d’autres États membres sont également loin d’apprécier le projet européen et leur position contre l'intégration a été renforcée par la crise économique.

Onglets horizontaux

Vue d'ensemble

Le prix Nobel de la paix décerné à l'Union européenne n’a pas aidé à inverser la tendance à l'euroscepticisme. Avec une Europe déchirée par la crise économique, le ressentiment envers Bruxelles se manifeste de plus en plus. Bon nombre d'Européens ont accusé l'UE d'avoir provoqué la crise, pointant du doigt un échec de la monnaie unique. Ils n'apprécient pas non plus le fait que l'UE poursuive les séries de mesures d'austérité, qui ont engendré la perte de certains services indispensables aux communautés et son manque perçu de légitimité démocratique.

S'adressant au dirigeant du Parti travailliste britannique, Ed Miliband, dans le magazine New Statesman, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a mis en garde contre les conséquences éventuelles de la crise sur le moral européen : « Évidemment [l'euroscepticisme] m'inquiète... Il existe de vieux démons en Europe : le nationalisme extrême, le populisme et la xénophobie. Vous constatez qu'en temps de crise, les forces extrémistes et populistes ont de meilleures raisons de simplifier les choses à l'excès et de manipuler les sentiments. »

Selon les auteurs et politologues Robert Harmsen et Menno Spiering, le processus d'intégration européenne est cependant victime de son succès.

Dans leur livre Euroscepticism : Party Politics, National Identity and European Integration, publié en 2004, les auteurs écrivent : « L'extension des pouvoirs de l'Union européenne a proportionnellement multiplié les sources potentielles de frictions qui pourraient accroître le nombre de formes d'euroscepticisme. »

Ils font également observer que l'UE s'ouvre elle-même aux critiques à travers son modèle de puissance « douce ».

« De la même manière, la propension particulière de l'UE au débat politique "existentiel", à la révision régulière de ses traités fondateurs au milieu de discussions ainsi qu'à sa finalité et son objectif, a peut-être également contribué à alimenter une remise en question proportionnelle de cet objectif. »

Nik de Boer et Maarten Hillebrandt du Centre for Law and Governance d'Amsterdam ont affirmé que la méfiance entre les citoyens et l'UE était compréhensible.

« Les États membres de l'Union n'ont jamais vraiment cherché à impliquer leurs citoyens dans l'UE. Le débat politique sur l'objectif de l'UE et la manière de l'atteindre s'est largement déroulé à huis clos », ont-ils écrit sur BlogActiv.

Ils ont ajouté que cette situation entraînait la réticence de citoyens européens envers une intégration renforcée à travers l'organisation de référendums nationaux. Les gens sont pour ou contre l'UE, ont-ils ajouté.

Définition

Le mot « sceptique » fait référence à un membre de l'une des écoles de philosophie de la Grèce antique, ou plus spécifiquement à celle de Pyrrhon, qui croyait que la connaissance réelle était impossible.

Les eurosceptiques sont des citoyens ou des responsables politiques qui se qualifient de « sceptiques », ou critiques, vis-à-vis de l'Union. Ils prétendent qu'elle s’approprie les compétences des gouvernements nationaux et que cela menace la souveraineté des États.

Il existerait deux formes d'euroscepticisme : « dur » et « modéré ».

L'euroscepticisme « dur » s’oppose à l'adhésion à l'UE ou à son existence. Le Groupe Europe libertés démocratie du Parlement européen, dont fait partie le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), appartient à cette catégorie.

L'euroscepticisme « modéré » soutient l'adhésion à l'UE et son existence, mais se dresse contre une intégration renforcée des politiques de l'UE et contre l'idée d'une Europe fédérale. Le Groupe des conservateurs et réformistes européens, qui regroupe notamment le Parti conservateur britannique et l'Alliance de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, peut être qualifié d'eurosceptique modéré.

L'euroscepticisme peut également être considéré comme une partie du spectre allant de l'« europhobie », similaire à la xénophobie, à une attitude sceptique saine en passant par la remise en question des croyances acceptées. En tant que telles, certaines formes de scepticisme existent dans toutes les sphères politiques.

Dans un reportage du Parlement européen sur l'euroscepticisme britannique publié en décembre 2011, des personnes interrogées, dont un ancien attaché de presse au Conseil de l’UE et un correspondant pour le Daily Express, un journal britannique particulièrement eurosceptique, ont mis en évidence ce spectre. La xénophobie et l'europhobie sont considérées comme les expressions les plus extrêmes de l'euroscepticisme. La « non‑intégration », « l'euroréalisme », le « populisme », l'« ennui européen » et la critique de l'UE sont estimés comme des formes plus modérées.

Michael Shermer, rédacteur en chef du magazine Skeptic, a déclaré que le scepticisme constituait en un processus de découverte de la vérité plutôt qu'en un refus d’acceptation générale de cette dernière théorie. Un soutien irréfléchi peut donc être aussi mauvais, si pas pire, qu'un refus d’acceptation générale. C'est la raison pour laquelle les eurosceptiques et les défenseurs de l'UE essaient tous de se présenter comme « réalistes ». 

Source : http://www.euractiv.fr/sections/avenir-de-lue/euroscepticisme-plus-quun-phenomene-britannique-286610

 

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