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Le journal d'Erasme

Éléments d'histoire mondiale du boycott électoral, par Jacques Nikonoff

24 Mai 2014, 17:51pm

Publié par ERASME

Résumé 

Cette étude propose un large inventaire, sans être exhaustif, des campagnes de boycott électoral organisées dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont 29 pays qui sont concernés, pour 41 opérations de boycott. Pour la seule année 2014, on recense des campagnes de boycott dans au moins 6 pays, sans compter ceux concernés par l’élection européenne. 
Dans les pays d’ancienne tradition démocratique comme l’Europe de l’Ouest, boycotter une élection est un acte qui choque souvent. Le suffrage universel ayant été acquis de haute lutte, les citoyens veulent à juste titre utiliser ce droit. Ils veulent ainsi manifester, par leur vote, leur appartenance à la communauté politique formée par la nation et contribuer à l’expression de la souveraineté du peuple. C’est pourquoi le boycott est une pratique politique assez rare en Europe, 5 pays seulement ont été concernés. Le cas probablement le plus célèbre est celui de l’appel au boycott au deuxième tour de l’élection présidentielle en France, en 1969. Lancé par le Parti communiste français, le slogan « bonnet blanc, blanc bonnet », pour qualifier Georges Pompidou et Alain Poher, les candidats du second tour, est resté dans toutes les mémoires. 
Pourtant, dans l’histoire et dans de nombreux pays, des appels au boycott des élections sont régulièrement lancés. Ils émanent de forces ou de personnalités politiques très variées. Ces boycotts concernent généralement des élections présidentielles et législatives, c’est-à-dire les élections qui permettent d’accéder au pouvoir. On trouve 14 pays concernés en Afrique, 4 en Asie, 6 en Amérique, et quelques cas concernant le mouvement syndical et même des candidatures animalières au Mexique !
Il existe une double justification de ces opérations de boycott des élections. La première raison avancée pour appeler au boycott d’une élection est le risque de fraude électorale institutionnelle. S’il existe des raisons de penser qu’une élection ne sera pas organisée honnêtement, le but d’un tel boycott sera alors de protester contre l’utilisation du fait même que l’élection a pu se tenir, pour tromper le peuple sur la réalité démocratique du régime. La deuxième raison qui explique le boycott d’une élection est que le résultat de l’élection n’aura aucun effet sur les institutions. Quel que soit le vainqueur, rien ne changera dans l’organisation du pouvoir. Le boycott exprime dans ce cas le refus de reconnaître l’autorité et la légitimité du régime organisant l’élection. 
Le résultat des opérations de boycott est variable. L’opération peut échouer, comme elle peut être très efficace, à court comme à moyen terme. Toutes les opérations de boycott, cependant, ne se valent pas. Certaines poursuivent des buts progressistes et d’autres non. Quand l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, au Mexique, appelle au boycott des élections, ce n’est pas la même chose que l’appel lancé par l’opposition, au Venezuela, contre Hugo Chavez.
 

 

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