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Le journal d'Erasme

La Norvège, l’autre pays de la médiation, par Angélique Mounier-Kuhn (Le Temps)

1 Juillet 2013, 16:31pm

Publié par ERASME

Rompue, comme d’autres pays nordiques, à une «diplomatie créative», la Norvège a multiplié les engagements à la fin de la Guerre froide
Comme la Suisse, la Norvège a décidé de faire de la médiation un atout distinctif de sa politique étrangère. A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères abrite depuis dix ans une division dédiée à la «Sécurité humaine». A Oslo, Vidar Helgessen était secrétaire d’Etat lorsqu’il a créé, en 2001, le département «Paix et réconciliation» au sein des Affaires étrangères. Il est aujourd’hui secrétaire général d’IDEA, une organisation d’appui aux processus constitutionnels et électoraux des jeunes démocraties.

«L’implication forte de la Norvège dans la médiation relève d’une longue tradition à la fois missionnaire et humanitaire», explique-t-il. Dans les années 1960, lorsqu’il décide d’intensifier son aide au développement, le pays étoffe son réseau international. Il ne se limite pas aux contacts avec les Etats, mais noue des liens avec des ONG. «Cela explique en partie notre position, beaucoup de demandes nous parviennent au travers d’ONG», poursuit Vidar Helgessen.

Rompue, comme d’autres pays nordiques, à une «diplomatie créative», la Norvège, qui savait faire passer des valises d’argent aux militants de la lutte contre l’apartheid, ou accueillit en son ambassade la dissidence chilienne lors du coup d’Etat de Pinochet, multiplie les engagements à la fin de la Guerre froide: Mali, Guatemala, Haïti, République dominicaine… «Elle s’intéresse à tout ce qui était en dessous du radar», dit Vidar Helgessen. Jan Egeland, qui était alors au gouvernement avant de devenir, entre autres, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaire, est un moteur dans le lancement de ces initiatives à la marge. Pour Oslo, l’expérience la plus cuisante à ce jour est son implication au Sri Lanka, une médiation interminable qui n’a pas empêché une fin de guerre atroce en 2009.

Si la Suisse se prévaut de sa neutralité, la Norvège assume, elle, sans complexe sa proximité avec Washington et son siège à l’OTAN. Il y a deux ans, au moment où ses jets bombardaient la Libye, une délégation approchait secrètement le régime Kadhafi. Elle a d’autres atouts à faire valoir: une réputation de respect du droit international sans tache, pas de passé colonial, et une patience à toute épreuve, renforcée par des décennies de négociations frontalières avec la Russie.

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ab2d3c74-daa8-11e2-9745-2f56a0360624/La_Norv%C3%A8ge_lautre_pays_de_la_m%C3%A9diation

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