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Le journal d'Erasme

Du très troublant relativisme sémantique occidental à propos de la notion de « civils »

28 Septembre 2014, 09:18am

Publié par ERASME

L’Assemblée générale ainsi que le Conseil de Sécurité des Nations Unies adoptent de plus en plus de textes et résolutions qui évoquent la notion de « populations civiles ».

Les derniers en date remontent au 17 mars 2011, qu’il s’agisse du texte ayant trait à l’Afghanistan (cf. Afghanistan : le Conseil de Sécurité déplore le coût humain du conflit ) ou de la résolution 1973 sur la Lybie (cf. Le texte de la résolution 1973 ).

Depuis le début de l'année 2011, les « printemps arabes » se sont succédé avec leurs lots de violences et de crimes à l’égard des protagonistes « civils » de ces révoltes et/ou révolutions.

Depuis quelques jours, là où les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies sont restées lettres mortes, dans les Territoires palestiniens, des actes de violence sont perpétrés de part et d’autre des frontières qui mettent dramatiquement en scène, d’un côté, des militaires de l’une des meilleures armées du monde, Tsahal, armée d’un pays démocratique aux accents de plus en plus théocratiques, et d’un autre côté, des individus, « civils » par définition puisque ni l’Autorité palestinienne, ni le Hamas, ne disposent d’armée, qui utilisent des armements de fortune (ce que sont les rockettes qui blessent et tuent parfois, et nous le déplorons tous, d’innocents civils israéliens) assimilables néanmoins à des armes de guerre !

La qualification de « terroristes » leur est immédiatement appliquée par les instances "occidentales", surtout lorsque les autorités israéliennes et les medias font état ou présupposent (ce qui n’est quand même pas la même chose) leur appartenance à des mouvements disposant de ramifications « militaires » tels que le Djihad Islamique, par exemple.

Dans le même temps, la coalition armée qui est intervenue en Lybie dans le cadre de la résolution 1973 avait mission de protéger « les populations civiles », fussent-elles en guerre contre les forces loyalistes du colonel Kadhafi et/ou ses mercenaires. Des insurgés en armes ont étét soutenus par la coalition, et même armés par les Etats parties à ce que d'aucuns appellaient "la guerre civile" et qui confinaient davantage à un conflit contre un régime détestable dont on veoulait préciper la chute pour de multiples motifs - avouables et inavouables - en prenant appui sur des populations autochtones en grande partie "civiles" bien qu'on les armât.

La situation en Syrie est analogue, sinon pire encore eu égard à la nature et aux motivations des groupuscules "rebelles" soutenus par les Etats occidentaux  ! Inutile d'insister ! 

Depuis plus longtemps, des dizaines de milliers d’individus employés sous contrat de droit privé par des sociétés dites « militaires privées » usent de leurs armements de guerre pour assurer la sécurité de leurs clients, en particulier en Irak ou en Afghanistan !

Il y a dans ce paysage mondial des "civils" que l'on veut protéger, des "civils" armés et des "civils" que l'on arme une cacophonie sémantique un tantinet nauséabonde ....

Les opinions publiques qui assistent aujourd’hui à une démonstration « éclatante » du relativisme sémantique occidental à propos de la notion de « civils » quand il s’agit de populations en révolte pour des causes « justes », s’interrogent sur les raisons de l’absence d’un régime de droit international approprié pour encadrer à la fois les définitions et les situations en cause, et réguler les pratiques que la communauté internationale pourraient juger légales tant en regard du droit de la guerre que du droit humanitaire !

Avant d’éviter que se renouvellent ici ou là des interprétations dangereuses qui se trouvent favorisées par le recours à des formules irresponsables telles que celles de « croisades », le régime du droit international qui porte sur la responsabilité de protéger (cf. La responsabilité de protéger : Qui est responsable de la protection des peuples vulnérables ? ) ne pourrait-il pas devenir le réceptacle de ces clarifications juridiques indispensables à la sérénité de la justice internationale autant qu’à la sécurité et à la stabilité internationales ?  

Cet article a été publiée à plusieurs reprises sur le blog www.regards-citoyens.com au cours de l'année 2011.

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