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Le journal d'Erasme

La boîte à outils de l’OSCE offre la possibilité d’innover, par Marc Perrin de Brichambaut

9 Février 2010, 17:49pm

Publié par ERASME

Lespace de l’OSCE est riche en institutions vouées au dialogue et à l’action conjointe. Elles travaillent au niveau bilatéral, sous‑régional et régional à l’intérieur du cadre général de la Charte des Nations Unies (Charte des Nations Unies). Pour mieux leur permettre de relever les défis, anciens et nouveaux, dans le cadre d’un dialogue renouvelé sur la sécurité européenne, les États participants de l’OSCE peuvent avoir recours à toutes ces institutions conformément à leur composition et à leurs mandats respectifs.
À Corfou, plusieurs ministres des affaires étrangères ont également fait remarquer que l’OSCE, la plus ouverte et la plus globale des organisations européennes de sécurité, pouvait servir de « point d’ancrage » pour ce processus. Nous devrions être disposés à innover en tirant le meilleur parti possible de ce qui existe déjà, à la fois dans la boîte à outils de l’OSCE et au‑delà.

Concrètement, l’OSCE offre cinq possibilités distinctives :

• L’OSCE dispose d’une série de forums qui sont irremplaçables lorsqu’il s’agit d’examiner des questions de sécurité dure en Europe, notamment le Forum pour la coopération en matière de sécurité, le Groupe consultatif commun (qui traite des questions relatives au Traité sur les Forces armées conventionnelles en Europe) et la Commission consultative pour le régime « Ciel ouvert ». L’expérience de ces organes sera indispensable pour rétablir la viabilité de la structure de base de la maîtrise des armements et des mesures de confiance et de sécurité en Europe.

• L’OSCE sert de cadre à des contacts politiques constants et pour faire face aux conflits prolongés ainsi qu’aux nouvelles menaces et aux nouveaux défis. La Présidence et les réunions hebdomadaires du Conseil permanent, qui sont sans équivalent dans les institutions européennes de sécurité, jouent un rôle particulier à cet égard.

• L’OSCE offre une série d’institutions qui apportent leur soutien à la mise en oeuvre des engagements dans les trois dimensions, ou aspects, de la sécurité, à savoir le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH), le Haut Commissaire pour les minorités nationales (HCMN) et le Représentant pour la liberté des médias.

• L’OSCE a conclu avec des États méditerranéens et asiatiques une série de partenariats qui s’avèrent utiles pour traiter de questions liées à la sécurité de l’Europe, comme l’Afghanistan.

• L’Organisation peut en outre servir de centre d’échange d’informations pour la promotion de la coopération avec les autres organisations internationales et entre elles. Elle entretient d’excellentes relations avec l’ONU, l’UE, l’OTAN et le Conseil de l’Europe. La présence de l’UE, de l’OTAN, de la Communauté d’États indépendants et de l’Organisation du Traité de sécurité collective à la réunion de Corfou témoigne de la capacité de l’OSCE à travailler en réseau.
Ce dernier point est important. L’OSCE peut aider à assurer la cohérence des efforts déployés par les Etats participants pour faire avancer leur dialogue par de multiples canaux. Pour cela, les États participants ont à leur disposition un mécanisme – la Plateforme pour la sécurité coopérative créée en 1999 – qui leur permet de faire de l’OSCE un lieu de rencontre pour l’échange d’informations et la coordination ainsi que pour éviter leschevauchements d’activités.
Pour que l’OSCE puisse travailler efficacement dans ces directions, les États participants doivent l’en charger. Ils ont rédigé, à cet effet, dans le cadre de l’Acte final de Helsinki de 1975, les « dix principes » – la Déclaration sur les principes régissant les relations mutuelles des États participants (voir 4044 fr 4044 fr) – et ont par la suite souscrit aux objectifs ambitieux de la Charte de Paris pour une nouvelle Europe de 1990 (voir 4045 fr 4045 fr). À cette occasion, ils ont transformé une conférence itinérante en une organisation et créé des institutions (HCMN, BIDDH et Bureau du Représentant pour la liberté des médias) et des opérations de terrain pour promouvoir le concept de la sécurité globale et indivisible.

Chacune de ces initiatives a nécessité le courage de dépasser les problèmes immédiats et d’envisager un espace de sécurité exempt de lignes de division et reposant sur des intérêts communs et des valeurs partagées.
Chacune de ces initiatives a nécessité la volonté d’agir ensemble, malgré les divergences de vues, souvent dans des circonstances difficiles. Avec un courage et une volonté renouvelés, les États participants peuvent une fois de plus décider de faire le meilleur usage possible de l’OSCE.
En 2010, nous célébrerons le trente‑cinquième anniversaire de l’Acte final de Helsinki et le vingtième de la Charte de Paris. Ces événements importants offrent aux États participants une excellente occasion de se réunir à nouveau et d’envisager un avenir commun. Ce que nous avons réalisé ensemble jusqu’à présent et le cadre du concept de sécurité globale que nous appliquons depuis 35 ans donnent aux États participants toute latitude de procéder àune évaluation approfondie et constructive des structures européennes actuelles de sécurité.

L’Ambassadeur Marc Perrin de Brichambaut est le Secrétaire général de l’OSCE.

Voir également sur ce blog l'article suivant : OSCE : Dialogue sur la sécurité européenne - Thèmes directeurs des réunions du Processus de Corfou

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